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Manège, scène nationale - reims

THÉÂTRE D'OBJET

lsf

Jenny Victoire Charreton

Voler le feu

06.11

JE 06 NOV - 21:00*

AU CIRQUE

DURÉE 1H30

TARIF 3 À 7€

La représentation est adaptée en Langue des Signes Française


Il était une fois une princesse qui vola le feu, s’enfuit des Enfers et lutta contre une malédiction qui lui enlevait ses souvenirs. Conte contemporain, Voler Le Feu raconte, sous une forme universelle et sensible, le récit intime d’une vie après une transition de genre, comme une aurore après une longue nuit dont on ne croyait jamais sortir.

Après Dans mon dessin, Jenny Victoire Charreton signe une nouvelle performance multimédia autour des vécus transféminins. Pour cette deuxième création, la performeuse et compositrice tisse avec l’artiste Daphné Demaison un spectacle à quatre mains où s’entrelacent poésies, créations plastiques, marionnettes, témoignages, signes et musique live. Elles réclament, ensemble, cette terre collective qu’est l’imaginaire des contes pour partager leurs vécus et s’en servent pour imaginer un avenir.


NOTE D'INTENTION :

Avec Dans Mon Dessin - anatomie de transition, j’ai créé un dispositif performatif grâce auquel j’ai trouvé comment m’adresser à un public, l’inviter dans ma tête, partager ma colère comme ma poésie. Cette découverte a été tellement riche et enthousiasmante que j’ai le désir de reprendre le travail autour de ce dispositif pour l’emmener plus loin, l’assumer comme un processus de création et aboutir à de nouveaux procédés formels avec plus de temps et de moyens.

Je veux encore parler de nos vécus trans. La parole des trans est plus que jamais capitale dans cette période de réaction globale. Si l’on parle de nous, c’est avant tout pour nous traîner dans la boue. “Trans” est devenu un marronnier des journaux, un épouvantail effrayant, un danger pour les enfants, la famille, l’Homme et la Femme et la civilisation tout entière. Cette étiquette de menace qu’on nous colle sur le front justifie les actes de violences envers les centres LGBTQIA+, la mise en danger de nos vies et de nos droits les plus fondamentaux. SOS Homophobie alerte d’ailleurs sur une augmentation de plus de 27% des violences physiques envers les personnes trans au cours de la dernière année. Depuis les J.O., nous découvrons tous les jours une nouvelle discipline qui nous est interdite. En France, des ministres anti trans arrivent au pouvoir, les mineurs sont écartés des soins dont ils ont besoin. Partout en Europe, des gouvernements d’extrême droite stigmatisent nos communautés et organisent la haine qui nous est adressée.

Ces dernières années, nous avons été mondialement témoins du recul de nos droits. La Russie a interdit les transitions de genre. Aux Etats-Unis, après être revenu sur le droit à l’IVG, des lois anti-trans se sont répandues comme une traînée de poudre. 179 lois d’interdiction et de restrictions à l’accès aux soins pour les personnes trans ont été voté dans tout le pays pendant l’année 2023. « Le transgendérisme doit être totalement éradiqué de la vie publique. » Cette phrase prononcée par Michael Knowles, un commentateur politique au Daily Wire, donne le ton: les personnes trans sont sans cesse obligées de fuir, ou meurent. En 2023, 320 personnes “reconnues comme trans” ont été assassinées ou se sont suicidées du fait de leur identité de genre.

De plus en plus exposées à la violence, avec les autres minorités, notre avenir paraît incertain. Ce qui est sûr, c’est que parler de nos vécus est une urgence. Plus que jamais, nous devons lutter pour avoir la place d’exprimer nos propres voix sur nos propres vies.

Dans Mon Dessin était la réaction brute face au mur de violence auquel on fait face en entamant une transition. J’ai essayé de répondre à la question « comment survivre un jour de plus ? », je me suis mise en scène, enfermée dans ma chambre et coupée du monde qui m’accablait, tentant de fabriquer les moyens de ma survie. Et j’ai véritablement trouvé, grâce à la performance, grâce la rencontre avec les publics, grâce à l’émotion que j’ai vue se tisser autour du spectacle, comment vivre un jour de plus. Et vis-à-vis de ça, j’ai immensément de gratitude, immensément de forces, assez de forces et de ressources pour maintenant parler de ce qui se trouve après la survie.

Maintenant, j’ai l’urgence de parler de comment ça se passe quand on vit : ça fait quoi de vivre quand les chiffres nous disent qu’on a 10 fois plus de risque de se suicider que les personnes cisgenre ? Ça fait quoi de vieillir alors qu’on pensait pas durer ? Que faire de nos souvenirs d’enfance quand la pensée que notre vie a commencé après vient les assombrir ?
Et l’amour ?
Et nos familles ?
Et nos enfants ? 

Quand le présent ne nous laisse jamais tranquille
Comment regarde-t-on en arrière ?
Comment regarde-t-on devant ?

C’est l’objet de Voler le feu - anatomie de transition#2.

Jenny Victoire Charreton


Pour aller plus loin :